Beau comme un pape avec Gammarelli

Mon goût pour les chaussettes Gammarelli remonte aux vacances que je passais à Rome lorsque j’étais enfant. Mes parents descendaient à l’Hôtel de Russie où ils avaient leurs habitudes. Je m’y plaisais comme s’y plaisent les enfants qu’on force à être sage. Bien peigné, chaussures cirées dans mon costume marin.

Au registre des occupations dont je demeurais libre, figuraient les promenades dans le hall de l’hôtel. J’y prenais un journal et faisais semblant de m’y intéresser ; je le parcourais sans rien y comprendre. Cette activité, qui ne trompait personne et qui faisait plus rire les clients de l’hôtel qu’elle ne forçait leur admiration, m’occupait pendant que j’attendais mon père.

Un matin, j’avais remarqué l’un des clients, dont la grande élégance m’avait interpellée. Outre un port altier, il avait des accessoires qui retenaient mon regard : une canne à pommeau d’ivoire, un panama, une longue moustache… Tous les matins, il attendait son chauffeur dans les fauteuils du hall de l’hôtel. Je m’attachais à regarder l’élégante manière qu’il avait de balancer ses jambes avant de les croiser. Le flottement de l’ourlet découvrait ses chevilles qui laissaient apparaître de superbes chaussettes d’un rouge vif.

Après quelques jours, il avait remarqué l’étude attentive que je faisais de son mouvement. Il m’avait alors fait signe de le rejoindre et m’avait expliqué que ces chaussettes rouges et montantes venaient de chez Gammarelli, un tailleur romain qui fournissait le Pape.

Depuis, ces chaussettes rouges qui habillent les cardinaux sont entrées dans ma garde robe. Leur remarquable finesse, ce rouge particulier et leur rareté m’ont poussé à en acheter plus de 200 paires à ce jour… Noires, rouges comme les cardinaux ou violettes comme les évêques, elles m’habillent tous les jours depuis 20 ans.

Le plus délicieux des plaisirs étant de jouer au tennis avec les chaussettes blanches que produit Gammarelli à l’usage du Pape. C’est en effet le seul membre du clergé dont les tenues comportent des chaussettes blanches…

Grâce à Gammarelli, me voilà donc beau comme un pape pour aller courir !

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