La double boutonnière

Alors que les vêtements se simplifient sans cesse, la double boutonnière est apparue dans le monde de la mode  comme un cheveu sur la soupe. A contre courant et sans que rien ne le justifie, les marchands de prêt-à-porter ont rajouté un double bouton au col des beaucoup de chemises. C’est nouveau donc choquant et de mauvais goût pourrait dire un classique. Sans que je sache dans quelle mesure je suis influencé par le goût des traditions, je trouve que le double bouton apporte peu et  alourdi beaucoup des cols qui ont de moins en moins de cravates.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple et beau.

Les doubles boutons sont desservis par ceux qui les  proposent, les agrémentant souvent de couleurs criardes. Il y a donc une forte corrélation entre double bouton et chemises douteuses, plus qu’une conséquence de l’un sur l’autre.

D’autres marques ont mis des doubles boutonnières sur le revers de veste. On parle ici du premier sens de la boutonnière, celle à laquelle certains mettent une fleur. Si j’aime assez la fleur à la boutonnière, je suis moins adepte de la double boutonnière sur le revers. Une sophistication lourde pour pas grande chose. Mieux vaut une seule boutonnière, une boutonnière à la milanaise, plutôt que deux.

Mais tout n’est pas si mauvais dans le système de la double boutonnière. De cette manie est venue une petite astuce. J’ai vu sur une chemise à poignets mousquetaire une double boutonnière. Les deux boutonnières étaient espacées d’un centimètre à peine et à l’intérieur seulement de sorte que cette double boutonnière n’était pas visible une fois la chemise portée. L’intérêt est de répartir l’usure des poignets sur un centimètre. Repousser l’usure, c’est donner plus de vie à ses vêtements, leur associer plus de souvenirs, et se demander avec plus de force encore :

« Vêtements élimés, avez-vous donc une âme ? »

Une réponse à “La double boutonnière

  1. Bonjour,

    De même que Dieu est dans les détails, l’élégance est dans la sobriété. J’ai déjà vu des chemises avec trois ou quatre boutons au col, et autant à chaque poignet. Pire : il existe des chemises avec un boton de chaque côté du col (oui, vous avez bien lu !).

    Si l’énorme majorité de ces « produits » sont de qualité douteuse, on ne peut que déplorer la présence de chemises à deux boutons de col au catalogue de maisons haut de gamme comme Alain Figaret.

    Cordialement,

    Andrei Caudray

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